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Côte d’Ivoire : Un plan d’action pour la protection des ressources en eau
Du 17 au 19 septembre 2026, s’est tenu à Bouaké, ville située au centre de la Côte d’Ivoire, un atelier national de validation du Plan d’action de lutte contre la pollution des eaux (PALPE). Cet atelier de trois jours s’inscrivait dans le cadre du projet d’appui à la sécurisation et à la valorisation de l’exploitation aurifère artisanale comme facteur de développement et de cohésion sociale au nord de la Côte d’Ivoire (SECORCI 2), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Coginta.
L’atelier a réuni plus de quatre-vingts participants issus du ministère des Eaux et Forêts, du Comité de lutte contre la pollution des eaux, ainsi que des spécialistes des ressources en eau, des mines, de l’environnement, de la défense et de la sécurité et de la diplomatie. L’objectif de cette rencontre était de valider le PALPE afin de renforcer la gouvernance, la coordination interinstitutionnelle et l’efficacité des interventions en faveur de la protection des ressources en eau.
L’exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or s’est développée rapidement au cours des deux dernières décennies, notamment dans le bassin versant transfrontalier de la Bagoué. Si cette activité constitue une source de revenus pour de nombreuses familles, elle exerce une pression croissante sur les ressources naturelles, en particulier sur l’eau, ressource vitale pour les populations et les écosystèmes.
Dans ce contexte, une étude socio-hydrographique approfondie de la Bagoué a été menée afin de documenter les impacts environnementaux, sociaux et économiques de l’orpaillage illégal sur le fleuve et ses écosystèmes. Le fleuve Bagoué constitue une ressource vitale pour les communautés locales, mais il est aujourd’hui fortement menacé par plusieurs facteurs liés notamment aux activités d’orpaillage illégal.
Plusieurs ateliers de restitution de cette étude socio-hydrographique ont été organisés pour les parties prenantes, notamment les autorités administratives et locales (préfets, sous-préfets, Conseil régional, maires), les services techniques déconcentrés (Eaux et Forêts, Agriculture, Hydraulique, Environnement, Mines, Santé et Éducation), ainsi que les chefferies traditionnelles, les leaders communautaires, les représentants de la jeunesse et les organisations non gouvernementales. Leur objectif principal était de présenter les résultats de l’étude, de recueillir leurs avis et de valider les conclusions et recommandations formulées.
Parmi les principales menaces identifiées figurent la dégradation avancée des berges, l’ensablement des cours d’eau et la pollution des ressources en eau, liée notamment aux activités d’orpaillage illégal. Ces pratiques entraînent une détérioration de la qualité de l’eau, une perturbation des écosystèmes aquatiques et une accentuation des risques sanitaires pour les populations riveraines.
La réponse à ces problématiques passe par la sensibilisation et le changement de pratiques au niveau local, mais également – et nécessairement – par des politiques publiques permettant une réponse multiforme de l’État. Face à cette situation, le ministère des Eaux et Forêts et ses structures partenaires ont donc mobilisé le Comité de lutte contre la pollution des eaux, un organe créé par arrêté interministériel en 2024, chargé de proposer au Gouvernement des mesures visant à garantir la protection des ressources en eau. Plusieurs ateliers ont été organisés pour présenter une version provisoire du PALPE et réfléchir à des problématiques spécifiques telles que la dégradation des berges, la mise en place des stations hydrologiques, et la coordination des actions de sensibilisation.
L’atelier national organisé en septembre dernier à Bouaké a finalement permis de valider le PALPE. Ce plan va renforcer la gouvernance, la coordination interinstitutionnelle et l’efficacité des interventions en faveur de la protection des ressources en eau. De la production de données sur la Bagoué à leur mise en discussion avec les acteurs locaux et nationaux, l’étude socio-hydrographique de la Bagoué aura ainsi contribué à nourrir une réflexion plus large sur la protection des ressources en eau, que le projet SECORCI 2 a ensuite accompagnée aux côtés des ministères concernés jusqu’à la validation du PALPE.


