Contexte
Les zones frontalières entre les États du Sahel et les pays côtiers constituent d’importants carrefours de mobilité des personnes, et d’échanges de biens et de marchandises. Elles sont cependant menacées par une instabilité croissante, des conflits violents et une insécurité liés à la présence de groupes armés non étatiques et une criminalité organisée galopante, sur fond de divers trafics (êtres humains, armes, faux médicaments, drogue, etc.).
Les zones du sud-est du Sénégal, de l’ouest du Mali et du nord de la Guinée en particulier comprennent les principales mines d’or depuis l’époque de l’Empire du Mali. L’exploitation artisanale de ces mines par la population locale et leur exploitation industrielle par des firmes multinationales ont fait de l’activité aurifère un véritable facteur de développement local dans ces zones. Toutefois, de nombreuses mines artisanales échappent au contrôle de l’État, favorisant la prolifération des économies illicites et des trafics, voire de leur récupération par des groupes armés non étatiques criminels. Ces zones sont donc confrontées à des défis sécuritaires majeurs, créant ainsi un contexte fragile et des risques élevés de conflictualité. En plus des enjeux conflictuels et des risques d’instabilité inhérents à l’activité aurifère, ces zones connaissent également une dégradation environnementale due aux méthodes d’extraction utilisées et un déficit lié aux infrastructures sociales de base (écoles, hôpitaux, routes, électricité, forage, etc.), rendant leurs populations vulnérables aux discours extrémistes.
C’est au regard de ce contexte que l’Union européenne a financé le deuxième programme « Zones frontalières pacifiques et résilientes (RéZo) » pour soutenir, à travers trois axes d’intervention, la stabilisation et le développement des zones frontalières de la Guinée, du Mali et du Sénégal, et renforcer la coopération transfrontalière pour lutter contre les problématiques sécuritaires susmentionnées.
À ce titre, l’Union européenne a signé un contrat avec Coginta pour la mise en œuvre, en Guinée et au Sénégal, de l’axe 2 du programme dont l’objectif global est d’améliorer la sécurité locale en luttant contre la traite illégale et la criminalité transfrontalière et en renforçant la coproduction en matière de sécurité afin de prévenir et de traiter les conflits locaux et de renforcer la confiance envers les autorités. Ce programme est mis en œuvre en partenariat avec l’agence de coopération allemande GIZ (axes 1 et 3) et le Centre pour le dialogue humanitaire (HD) pour la partie malienne de l’axe 2.
Activités conduites
- Opérationnalisation d’un bureau de terrain à Siguiri, en Guinée.
- Présentation du projet aux autorités et acteurs du projet à Siguiri et à Mali en vue de leur mobilisation et leur adhésion aux objectifs visés.
- Réalisation de l’étude de base sur les conflictualités et le sentiment de sécurité à Siguiri et Mali (14 points chauds identifiés et cartographiés de manière inclusive avec les acteurs).
- Évaluation des besoins de formation des acteurs institutionnels, communautaires, des médias et de la société civile.
- Cartographie des organisations de la société civile et des médias évoluant dans des domaines pertinents en lien avec le projet à Siguiri et à Mali.
- Analyse des mécanismes de fonctionnement et de coordination des instances de suivi-évaluation des conflictualités, identification des axes d’appui.
- Analyse préalable des mécanismes de coordination entre les forces de défenses et de sécurité et la confrérie des Donzo dans le cadre de la sécurisation des zones aurifères.
- Opérationnalisation du bureau de terrain à Kédougou, au Sénégal.
- Lancement de l’étude diagnostique de base sur les conflictualités, la sécurité, les menaces et les vulnérabilités dans la région de Kédougou.
- Élaboration et la validation du plan de formation de la Gendarmerie Nationale en collaboration avec le Haut Commandement.
- Élaboration d’un plan de formation des administrateurs territoriaux du Sénégal en matière de gouvernance territoriale et gestion sécuritaire spécifiques aux zones frontalières en partenariat avec l’École nationale des administrateurs (ENA), la Direction générale de l’administration du territoire (DGAT) et sous le portage de la Commission nationale de gestion des frontières (CNGF).